SO-BVET

Le SO-BVET (Service d’Observation – Bassins Versants Expérimentaux Tropicaux) a pour but la compréhension de l’influence relative de la variabilité climatique et de l’agriculture sur les cycles de l’eau et les cycles géochimiques en zone tropicale. Le SO-BVET met à la disposition de la communauté scientifique internationale des séries temporelles couvrant plus d’une décennie de variables hydrologiques, géochimiques et climatiques sur deux bassins versants de rivières au Cameroun et en Inde. Le SO-BVET est labellisé depuis 2002 et est supporté  par les institutions suivantes : l’Institut des Sciences de l’Univers (INSU), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’Université Paul Sabatier à Toulouse. Le SO-BVET fait partie du SO M-TROPICS récemment crée. Le SO-BVET a été initié en réponse à la faible densité de service d’observation dans la zone tropicale, où l’impact des changements globaux est toujours faiblement documenté. Spécifiquement, le SO-BVET a pour objectifs : (a) de déterminer les flux d’eau, de matières organiques et inorganiques dissoutes (anions et cations majeurs, carbone) et en suspension (carbone organique particulaire) ; (b) de proposer des bilans d’altération chimique et d’érosion physique ; (c) et d’évaluer l’impact de l’agriculture sur les ces variables. Les atouts du SO-BVET sont : (a) une approche multi-échelles de BV emboités, allant du BVE de 1-5 km2 pour les études des processus au BV de grande rivière de 1,000-10,000 km2 pour la quantification des flux de matières dissoutes et particulaires ; ce dispositif est unique en zone intertropicale et permet la transposition des processus du continuum eau-sol-plante observé à l’échelle du BVE au BV de plus grande rivière; (b) une approche multidisciplinaire alliant hydrologie, géochimie, pédologie, agronomie, télédétection et écologie. Les points communs aux deux chantiers sont : (a) leur situation sur plateaux de marge passive de zones cratoniques à substratum granito-gneissique et (b) la température moyenne de surface (25°C). Les divergences concernent : (a) les régimes pluviométriques et hydrologiques, (b) les couvertures pédologiques et la végétation, (c) l’activité tectonique (marge passive en surrection lente pour le site camerounais (≈ 5 m/Ma) et en surrection plus rapide pour le site indien (≈ 50 m/Ma)) et (d) les activités humaines.

Le bassin du Nyong (Cameroun) : réseau de sous-bassins emboîtés au sein du bassin amont du fleuve Nyong (18500 km2) en zone forestière tropicale humide modérément impactée par les activités humaines (agriculture sur abattis-brulis) sur le Plateau du Sud-Cameroun. Le réseau comprend le BVE de Nsimi (0,6 km2) et les stations de Messam sur l’Awout (206 km2), de Pont So’o sur le So’o (3000 km2), de Mbalmayo (13500 km2) et d’Olama (18500 km2) sur le Nyong.

Les sous-bassins de la Kabini (Inde du Sud) : le BV de la rivière Kabini (7000 km2) recoupe le un fort gradient climatique et morphopédologique définissant trois zones (humide, semi-aride, transition). La zone de transition est particulièrement sensible à la variabilité des flux de moussons à toutes les échelles de temps. Deux BVE, Mule Hole (4,3 km; forestier) et Maddur, 7,3 km; cultivé), localisés dans la zone subhumide, sont respectivement suivis depuis 2003 et 2005. Depuis 2012, les suivis hydrogéochimiques sur Maddur ont été étendus à la rivière d’ordre supérieur, the Berambadi (84 km2), une échelle plus pertinente pour étudier l’impect de l’agriculture sur le cycle de l’eau et les cycles biogéochimiques, et pour combiner les données terrain et satellitales d’usage des terres.

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