2ème Ecole d’été OZCAR 2022

https://ecolozcar2020.sciencesconf.org/

Enjeux et objectifs

L’Infrastructure de Recherche OZCAR (IR OZCAR) poursuit son cycle de formation sur la Zone Critique et organise sa 2ème école d’été du 4 au 8 juillet 2022, au Pôle Universitaire de Séolane, situé à coté de Barcelonnette.

La 1ère école d’été a permis d’avoir une présentation panoramique des disciplines de la Zone Critique afin d’acquérir un vocabulaire commun et favoriser les interrelations entre les disciplines. Les élèves ont pu se familiariser avec un corpus de connaissances, un champ sémantique, des hypothèses de travail et des modèles conceptuels propres à chacune des disciplines et apprécier à la fois leur expertise mais aussi les différences de regard que chaque discipline pose sur la zone critique. La publication d’un volume en anglais des interventions est en cours de réalisation.

Pour cette 2ème école d’été OZCAR (« Dessine-moi un Observatoire »), l’objectif est d’investir la zone critique par les objets emblématiques que représentent les observatoires qui constituent l’IR OZCAR et comment les différents paramètres mesurés et modélisations réalisées permettent de répondre aux questionnements scientifiques qui se posent. Des cours sont prévus le matin et l’après-midi sera consacrée à des travaux pratiques, intégrés à un projet collectif de caractérisation de la zone critique locale. Une classe de plein-air de lecture multidisciplinaire du paysage marquera la semaine ainsi que des moments de détente comme la randonnée conviviale.

Multidiscipinaire, les interventions de scientifiques du domaine des sciences humaines et sociales sont prévues, notamment à l’occasion de conférences données par Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, Matthieu Duperex, philosophe, co-fondateur et directeur artistique d’Urbain, trop urbain et Grégory Quenet, historien des sciences.

L’école d’été OZCAR cible les jeunes scientifiques mais reste ouverte à tous, des doctorants aux chercheurs confirmés ou émérites. Cette mixité d’âge, de genre, de disciplines (y compris des sciences humaines et sociales), d’approche (observationnelle vs. modélisatrice) est la clé de la réussite de cette semaine. Comme pour la première édition, les cours seront donnés en français afin de rassembler, au calme et dans la décontraction, la communauté francophone de l’IR OZCAR.

Photo de groupe prise lors de la lecture du paysage : glissement de terrain de la Valette
© Camille de Chenay

Le bilan

La 2ème école d’été OZCAR (« Dessine-moi un observatoire ») s’est tenue du 3 au 8 juillet 2022 au pôle universitaire de Séolane, à Barcelonnette. Cette école d’été poursuit un des objectifs de l’infrastructure de Recherche (IR) OZCAR de promouvoir la formation à et par la recherche sur la connaissance de la zone critique et de former la nouvelle génération de scientifiques à aborder l’étude de la zone critique de manière pluri- et interdisciplinaire. L’école est un indéniable succès rassemblant près de 55 participants (28 participants jeunes scientifiques doctorants, postdoctorants, maître de conférence, ingénieurs aux horizons très divers et 26 intervenants du domaine des sciences de la zone critique incluant non seulement des scientifiques du réseau OZCAR, du réseau des Zones Ateliers mais aussi, nouveauté de cette école, des personnalités des sciences humaines & sociales (anthropologie, philosophie, sociologie, histoire, littérature) et des artistes. Un programme varié et complet qui a tenu en haleine participants et intervenants avec la découverte de sites et observatoires de l’IR OZCAR, ainsi que d’un observatoire du réseau américain de la Zone Critique lors des cours du matin, des travaux pratiques organisés les après-midi en 3 sessions (géochimie, géophysique, évapotranspiration), des conférences, des sessions posters et nouveauté pour cette école, l’organisation d’un « cabinet de curiosité des artistes ».

Les cours et travaux pratiques

Cette semaine riche d’enseignements, de surprises et d’émotions, était rythmée par des enseignements le matin qui ont permis de découvrir des sites d’observatoires et observatoires du réseau eLTER France, ainsi que du réseau américain (US CZO). Ce sont ainsi 10 sites d’observatoires & d’observatoires qui ont été présentés au cours de la semaine : le site du Lautaret/Zone Atelier Alpes connu pour son jardin botanique, lieu de tourisme et de science où les études portent notamment sur l’enneigement saisonnier et l’impact sur la biodiversité ; l’observatoire OHMCV (Observatoire Hydrométéorologique Méditerranéen Cévennes-Vivarais), basé en pays cévenole et dont les études se concentrent sur l’analyse des phénomènes hydrométéorologiques extrêmes dans les régions méditerranéennes ; l’observatoire de Draix Bléone situé dans le Alpes de Hautes Provence connu pour ses roches sédimentaires, des marnes noires vulnérables à l’érosion et qui s’intéresse aux processus hydro sédimentaires (40 ans de mesures hydro sédimentaires) ; le site du Larzac de l’observatoire Karst qui se concentre sur l’observation des eaux souterraines en milieu karstique en utilisant les mesures de gravimétrie et de l’évapotranspiration (tours à flux) ; l’observatoire du Tensift situé au Maroc , au climat semi-aride et dont l’enjeu est l’étude des ressources en eau en zone de montagne par des observations hydrométéorologiques ; l’observatoire Obsera situé aux Antilles, Guadeloupe, hot-spot de l’altération et de l’érosion sur Terre, l’observatoire des Tourbières, des zones humides échangeant du gaz carbonique avec l’atmosphère et dont le rôle climatique est majeur à l’échelle globale ; l’observatoire Amma-Catch, qui surveille les impacts du changement climatique global sur la zone critique en Afrique de l’Ouest. Pour clore la semaine, le dernier observatoire présenté fût un observatoire du réseau américain (US CZO), Eel River situé en Californie (https://czo-archive.criticalzone.org/eel/). Au regard de la pression anthropique (usage des terres et demande croissante hydrique) et du changement climatique global (phénomènes climatiques extrêmes, cet observatoire réalise des études relatives à l’impact de ces changements.

Une session a par ailleurs été consacrée à la “fairisation” des données, que les observatoires puissent mettre à disposition des données dites « FAIR » (Findable, Accessible, Interoparable, Reusable), et ce, en respect de la politique d’ouverture des données prônée tant au niveau national qu’international. Pour conclure, petite citation : “the power to move data sharing forward rests with those that have currency with researcher to change the culture”.

Les après-midi étaient consacrées aux travaux pratiques (3 sessions de travaux pratiques : géochimie, géophysique, tour à flux et mesure de l’évapotranspiration en 3 sous-groupes), travaux pratiques quelque peu chamboulés le premier jour par l’arrivée d’un violent orage qui n’a néanmoins pas trop perturbé le groupe du TP de géochimie qui a pu trouver un abri. Ces travaux pratiques avaient pour but d’investir le site de la Valette, une instabilité de versant menaçant Barcelonnette selon trois approches : géophysique, géochimie et du point de vue des échanges surface-atmosphère.

Les TP de géochimie avaient pour but de prélever des eaux de ruissellement dans des ruisseaux et des drains, de les filtrer et de faire les premières mesures sur le terrain avant de ramener les échantillons au laboratoire improvisé au Centre de Séolane. Le tout dans le but de quantifier l’amplitude des réactions eau roches et de faire des bilans de gaz carbonique lié à l’altération chimique.

Prélèvements d’eau
© Camille de Chenay
Analyse du pH
© Camille de Chenay

Les TP de géophysique étaient basés sur l’installation de sondes destinées à réaliser des mesures de résistivité électrique du sous-sol, et ce, dans le but d’aboutir à des représentations de la zone critique en terme de résistivité électrique.

Transport des cables par Halidou et Laetitia
© Camille de Chenay
Les cables sont installés, les mesures vont pouvoir commencer
© Camille de Chenay

Le dernier TP portait sur l’installation d’une tour à flux pour réaliser des mesures d’évapotranspiration d’un écosystème et des échanges de gaz carbonique entre la surface du sol et l’atmosphère et permettre ainsi une meilleure compréhension des interactions atmosphère/sol/végétation incluant les aspects écologiques, éco-physiologiques et hydrologiques.

Tour à flux pour mesures d’évapotranspiration
© Camille de Chenay
TP Evapotranspiration animé par Jean-Martial Cohard
© Camille de Chenay

Le glissement de la Valette est caractérisé par un type d’altération chimique très particulier consistant en la dissolution des carbonates contenus dans la marne noire par de l’acide sulfurique lui-même généré par l’oxydation des sulfures de fer qu’elle contient. Cette oxydation consomme de l’oxygène de l’air alors que l’altération des carbonates, l’exportation des produits de la réaction dans l’océan et la précipitation des calcaires marins qui en découleront conduit, elle, à un dégagement de gaz carbonique dans l’atmosphère. Cette oxydation des sulfures se produit dans les sols et partout où, dans le glissement de terrain, le contact entre l’oxygène de l’air et la roche est facilité.

Les techniques de géophysique illustrent quant à elle les différences de résistivité électrique et sont en principe complémentaires de l’approche géochimique en étant capables de « voir » les lieux de l’oxydation des sulfures et donc d’altération.

Enfin, la quantification des échanges d’énergie et de gaz carbonique grâce à la tour de flux permet d’estimer la quantité de gaz carbonique qui est échangé entre l’écosystème et l’atmosphère sur des échelles de temps courtes (quelques jours), biologiques, à l’opposé des échelles de temps géologiques dont la géochimie et la géophysique font l’objet.

Le glissement de terrain de la Valette et la lecture pluridisciplinaire du paysage

Lecture pluridisciplinaire du paysage
© Camille de Chenay
Explications du glissement de la Valette par M Guitter (ex ingénieur ONF) © Camille de Chenay

La matinée du mercredi était dédiée à la découverte du glissement de la Valette et à une lecture pluridisciplinaire du paysage. Le glissement de terrain de la Valette a été présenté par un ex-ingénieur de l’ONF, M Guitter. Il nous explique entre autre que le glissement de la Valette a commencé dans les années 80 avec un déplacement de plus de 3,5 millions de m3 de flysch et de matériaux morainiques (marnes noires). La période 1993 – 1998 est caractérisée par un ralentissement progressif et le mouvement est évalué aujourd’hui de manière non homogène à 2cm/an. Notons que la collaboration scientifique avec l’EOST a démarré dans les années 2000. Puis la lecture pluridisciplinaire a démarré, chaque intervenant décrivant ce qu’il voyait d’après son spectre disciplinaire : lecture géologique, géomorphologique, hydrométéorologique, écologique, historique, philosophique et artistique ! Cette lecture croisée de paysage s’est avérée pleine de surprises. Quelques exemples

La lecture géologique du paysage relève que les sommets qui nous entourent appartiennent à des terrains formés plus au Sud Est et qui ont voyagé. Cette « nappe » des flysch repose sur des terrains plus anciens par un contact anormal visible dans le paysage et jalonné par la présence d’une roche blanchâtre, le gypse, qui a servi le glissement. Dans la région de Barcelonnette, la nappe a été érodée et elle permet de voir les roches qu’elle a recouvertes, des marnes noires typiques callovo-oxfordiennes et qui sont très sensible aux glissements de terrains.

La présentation sur l’écologie a permis d’en savoir plus sur la stratégie d’évolution des plantes en contexte de stress climatique et hydrique du milieu qu’est le glissement de la Valette. La structure racinaire rhizomique d’une plante est une adaptation au milieu instable.

Petit moment de philosophie avec une présentation du concept de rhizome développé par les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guatarri, le rhizome comme modèle où l’horizontalité s’oppose à la verticalité, cette structure rhizomique apprenant aux humains à savoir faire avec les catastrophes.

La topographie invite à nous interroger sur le développement des communautés humaines dans des endroits soumis à des catastrophes naturelles et comment la vie s’insurge dans des endroits bouleversés et détruits.

Nous avons été invités à une lecture atypique du paysage : « Regarde-là, regarde là-haut vers le ciel », où selon l’évolution du temps et de l’heure de la journée, ce paysage bouge aussi; les nuages sont blancs incrustés de cristaux de glace donne l’apparence de filaments blancs (type Cirrus), parfois teintés d’un voile bleuâtre ou grisâtre (type Stratus) ou plus noirs porteurs de pluie et d’orage (type Cumulonimbus).

La session s’est finalisée avec une petite touche musicale laissant place à notre imaginaire avant la pause déjeuner pique-nique qui a permis de poursuivre les échanges de la matinée.

Les cabinets de curiosités des artistes : Voyage au centre de la Zone Critique

© Camille de Chenay

La nouveauté de cette école a été de consacrer sur la deuxième partie de l’après-midi des temps d’échanges et de réflexion lors des cabinets de curiosités des artistes, animés par Sandrine Anquetin et une brillante équipe de scientifiques des sciences humaines et sociales, d’artistes et cinéastes (Matthieu Duperrex, Claire Dutrait, Laetitia Carlotti, Clémence Hallé, Camille de Chesnay), conduisant à un fascinant mélange et entrelacement entre Arts et Sciences.

Mais que sont ces cabinets de curiosités et qu’avons-nous appris ? Ils ont consisté en une construction évolutive de la scénographie de la zone critique : Etape 1 : L’objet – choisir un objet représentatif de la zone critique, décrire l’objet et les raisons du choix sur une feuille (fiche de dépôt), Etape 2 : Regroupement – former un groupe de personnes et assembler 7 objets en motivant notre choix, Etape 3 : Diffusion/Dispersion – faire apparaitre de nouveaux objets de la zone critique dans les scénographies déjà réalisées (ajout de photos réalisées par Camille et ajout de nouveaux objets donnant lieu à nouveaux échanges), Etape 4 : Retournement/Débordement – introduire un objet manquant pour venir interroger de nouveau l’objet et Etape 5 : Sagesse – temps d’écriture d’un petit poème.

Les objets de la Zone Critique, quelques exemples

Citons ici les exemples d’objets choisis et issus de la zone critique.

Matthieu Duperrex, la tête de mouton :

Une tête de mouton retrouvé mort dans l’Oued Bourskoura, Casablanca. Il s’y trouve un amoncellement de cadavres d’animaux, témoins de l’activité agricole polluée par les activités industrielles environnantes.

Tête de mouton prélevée dans l’Oued Bourskoura, Casablanca, Maroc
© Camille de Chenay

Laetitia Carlotti, les galets du Tavignanu /e gode fiumarecce : 

Esquisse d’un geste de mise en œuvre, et une pensée pour évoquer  les travaux scientifiques menés dans le domaine de l’eau par l‘Université de Corse. Alignés par trois les uns à côté des autres, 3 points de suspension croisent une mise en perspective. Un galet sphérique, un caillou rond, u Gaillou rondulu dit l’enfant qui s’essaie à parler corse; l’enfant, l’avenir, l’écologie et les droits du Tavignanu, faire peuple et faire de l’art en Corse; la Corse qui sera peut-être capitale européenne de la culture en 2028 ? 

Les galets : « boule qui roule n’amasse pas mousse »
© Camille de Chenay

Clémence Hallé, le journal d’enquêtes :

Ce journal est le récit d’un journaliste qui a suivi le chemin de la transhumance, la Routo, situé dans les Alpes de Haute Provence. Cela amène à des interrogations comme creuser dans l’intime des territoires de vie des personnes.

Claire Dutrait, écorces d’eucalyptus :

Ces écorces ont été prélevées dans la forêt de Mbao, dans les environs de Dakar, tout près d’un endroit où des collègues du GET Toulouse réalisent des mesures de magnétisme et des polluants présents sur la zone, grâce à ces écorces. La question « Où pousse l’eucalyptus ? » amène à remonter vers l’histoire de l’aménagement du territoire concerné. Celle de savoir « à quoi servent les écorces » invite à découvrir la façon dont circulent les savoirs, entre connaissances des peuples autochtones, universités et industries pharmaceutiques, qui font des molécules impliquées des remèdes anti-cancer par exemple.

Les écorces d’eucalyptus, forêt de Mbao, Dakar
© Camille de Chenay

Philippe Choler, une photo du Mercantour, Les Elynes :

Elle invite au voyage car on accède à ce lieu après plusieurs heures de marche, 2800 m. d’altitude, une récompense car le lieu est une splendeur. Le minéral y domine, la terre est très noire (30 cm de matière organique très ancienne). Le lieu est une ode à la sobriété car les plantes ont peu d’azote disponible et économisent donc les nutriments. Le lien entre caillou, air, sol, plate témoigne d’une représentation humbodltienne ressentie dans les zones de haute montagne. On y trouve un fragment de pelouse, herbe maigre du haut des cimes, amenant à s’interroger sur les raisons pour lesquelles ce système de pelouse a été décapé.

Les Elynes
© Camille de Chenay

Jérôme Gaillardet, une plaque d’argile prélevée dans une flaque d’eau évaporée sur le glissement :

Il y a deux plans d’observation, les couches d’argile dans la flaque d’eau et au-dessus on y voit des cratères de petite taille, empreinte des gouttelettes d’eau suite à la post évaporation qui a impacté la boue non consolidée. On y voit la trace d’un insecte, faisant écho à Gaïa et à l’idée du point de vie par Frédéric Aït Touati, historienne de la littérature et des sciences.

Plaque d’argile prélevée dans une flaque d’eau
© Camille de Chenay
Traces de gouttelettes d’eau vues au microscope
© Camille de Chenay

L’étape 2 a abouti à quelques présentations de scénographies (La feuille à décrire, Métamorphoses/Métamorphismes, Emerveillement – choix d’objets qui manifestent un émerveillement, Objets intégrés – choix d’objets représentatifs des différents compartiments de la Zone Critique). Et cet ensemble de scénographies pouvant être assemblées de manière cohérente et intégrée.

L’étape 3 a conduit à des échanges et réflexions invitant à aller au-delà et nous interroger sur la place des humains et l’empreinte de l’Homme dans ce scénario conduisant à des rétrécissements (part mauvaise de l’empreinte humaine) et comme le dit une citation rapportée par Fatima Lagoun : « Plus l’Homme élargit son milieu de vie, plus il le restreint ». Et Matthieu de préciser notamment : « Nous faisons « vœu de pauvreté en étant prêtre de la zone critique, nous sommes engagés comme une part maudite ».

A l’occasion de la présentation du glissement de terrain de la valette et la lecture pluridisciplinaire du paysage, Veronica, a produit un compte-rendu faisant état de sa vision d’anthropologue. En interrogeant le lieu, qu’avons-nous à comprendre ? et s’agit-il d’un rituel à l’instar de ce qui se pratique en Bolivie, où un lieu est considéré comme une personne à qui l’on demande de l’aide (trouver une solution à un problème, prendre une décision politique).

Rita nous a présenté une réflexion intitulée « Ce triangle, cet équilibre » où elle décline comme, selon elle, un observatoire, comme un triangle équilatéral, devrait faire l’équilibre entre les divers points de vue des observateurs. Ces observateurs sont, pour Rita, constitués des savants mais aussi de sachant et non sachant. Et le passage de l’observatoire à l’infrastructure de recherche ne doit pas rompre ces équilibres, ce qui nécessite des compromis.

Le triangle : de l’observatoire à l’infrastructure de recherche
© Camille de Chenay

Et pour ce qui est de l’objet manquant (Etape 4), citons comme exemple celui défini par le co-coordinateur de l’IR OZCAR, Jérôme Gaillardet : « le réseau des observatoires de la Zone Critique, OZCAR, représentatif de cycles courts et de cycles longs où tout est emboîté, en donnant rendez-vous aux artistes et aux Sensibles, donne à penser que la part manquante de l‘objet OZCAR serait un S pour renommer l’infrastructure de recherche : « OSZCAR – Observatoires sensibles de la Zone Critique: Applications et Recherche ».

Les poèmes

Ultime étape finale, l’étape 5 avec la rédaction d’un poème dont voici quelques exemples.

Les retours d’expérience donnés par les participants témoignent de l’intérêt de la démarche et invitent à renouveler l’expérience de cet exercice stimulant.

« C’est une occasion unique de vivre cela et notamment pour un jeune scientifique car cela contribue à aborder l’étude de la Zone Critique dans une approche intégrée en alliant qualitatif, quantitatif et sensible et nous sommes plongés au cœur de Gaïa ».

Les sessions posters

Les deux sessions posters organisées en soirée ont vu la présentation d’une dizaine de posters. Elles ont permis de voir la présentation des derniers travaux de recherche en cours sur la Zone Critique. Et tout cela dans une ambiance conviviale.

Les conférences

Des conférences ont été données par des personnalités du monde des sciences humaines et sociales afin de donner une perspective politique ou historique au concept de Zone Critique. Nous avons ainsi eu la chance d’accueillir pendant la semaine Bruno Latour, philosophe, anthropologue et sociologue des sciences qui a donné une intervention sur l’écologie au cinéma de l’Ubaye à Barcelonnette permettant au grand public de participer. Matthieu Duperrex, philosophe, co-fondateur et directeur artistique d’Urbain, trop urbain, maître de conférence en sciences humaines à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, est intervenu pour nous parler des sédiments et Grégory Quenet, historien de l’environnement, a présenté le futur de l’histoire environnementale.

La restitution finale

La restitution finale de la semaine organisée le vendredi après-midi a été un moment important qui a permis de se faire rejoindre les différentes approches des travaux pratiques. Ces dernières ont été confrontées dans le cadre de la restitution des travaux pratiques menés tout au long de la semaine faisant l’objet de présentations faites par les élèves. On retiendra en particulier que les échanges de gaz carbonique dus au cycle géologique sont 800 fois plus faibles que ceux dus au cycle biologique, un chiffre important mais qui ne doit pas faire oublier que les processus biologiques jouent à de courtes échelles de temps (le jour, l’année, la dizaine d’année) mais que les processus géologiques eux, jouent à des échelles de temps bien plus longues (10 000 ans à plusieurs millions d’années).

Conclusion

Quel bilan pour cette 2ème école d’été OZCAR ? Bien sûr de dire qu’à l’instar de la 1ère école d’été, cette 2ème école d’été est un succès, en témoigne l’enthousiasme des participants et des intervenants et considérant l’ambiance chaleureuse durant toute la semaine et le retour du rendu collectif, point de jonction de l’ensemble des travaux de terrain et toute la créativité qui a émergé à l’occasion des cabinets de curiosités des artistes. Les participants sont tous ravis d’avoir reçu leur diplôme de « critical zoniste ». Les cabinets de curiosités pour « faire terrain et y faire émerger des processus qui se jouent, une qualité d’expérience », ainsi que les interventions de Bruno Latour, Matthieu Duperrex et Grégory Quenet ont favorisé le tissage de liens et d’interrelations entre sciences humaines, sociales, entre art et sciences. C’est une opportunité et une chance de voir se côtoyer ces différentes disciplines, reflet de la dimension holistique, et donc intégrée, nécessaire d’une part à une meilleure compréhension, d’autre part à une plus grande protection et préservation de la Zone Critique.

Remerciements

Un grand merci à l’ensemble des intervenants pour leur engagement dans l’organisation de cette école d’été (les cours de présentation des sites et observatoires, les travaux pratiques, les cabinets de curiosités, les conférences et les sessions posters).

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