eLTER RI

Le projet d’infrastructure européenne eLTER RI (eLTER Research Infrastructure) franchit une nouvelle étape : avec la sélection par la Commission Européenne des deux projets européens, eLTER PPP (Preparatory Phase Project) et eLTER PLUS (Advanced Community Project), pour un montant total de 14 millions d’euros, l’UE ouvre un chapitre important dans le développement de l’infrastructure pan-européenne pour la recherche systémique à long terme sur les écosystèmes, la zone critique et la socio-écologie en Europe. Au total, 34 partenaires de 24 pays européens différents sont impliqués dans les deux projets européens «advanced communities».

Le financement obtenu pour 5 ans (février 2020-janvier 2025) va permettre un développement significatif de l’infrastructure paneuropéenne de recherche eLTER RI, en matière d’organisation, de définition de la stratégie, des aspects financiers, du modèle juridique et des processus décisionnels (eLTER-PPP). Le projet eLTER-PLUS va quant à lui permettre de donner une impulsion majeure à des travaux scientifiques axés sur 4 défis de recherche majeurs et menés grâce aux différents sites et plates-formes eLTER répartis en Europe. Ces sites couvrent toutes les zones géographiques en Europe, avec une collecte et une analyse de données (biologiques, biogéochimiques, hydrologiques et socio-écologiques) définies selon des normes d’observations harmonisées.

eLTER RI répond à un besoin de mieux comprendre les socio-écosystèmes en favorisant le regroupement des communautés scientifiques autour d’objets partagés. A l’heure de l’Anthropocène, les défis environnementaux à relever sont colossaux (changement climatique, pollution, érosion des sols, perte de biodiversité, etc.) et nécessitent une approche plus que jamais multidisciplinaire. L’objectif de eLTER ESFRI est d’organiser au niveau européen les infrastructures socio-écologiques pour équiper la communauté scientifique mais aussi la société et les décideurs d’un outil unique et opérationnel pour mieux appréhender les effets à long terme du changement global au niveau des territoires et intégrant le climat, l’eau, le sol, les vivants et les sociétés.

 
Calendrier des phases de développement de l’infrastructure eLTER RI

Légende : Les différentes étapes de développement de l’infrastructure eLTER RI de 2015 à 2032, lancement opérationnel de l’infrastructure – Méthodologie du processus eLTER ESFRI (development, design, preparation, implementation, operation, termination). NRI = National Research Infrastructure). Les différentes phases NRI correspondent à l’intégration progressive des IRs nationales dans l’IR européenne.

 

Plus d’informations : https://www.lter-europe.net/projects.

 

eLTER PPP

Le projet eLTER PPP, coordonné par Michael Mirtl du Helmholtz-Centre for Environmental Research (UFZ) et co-coordonné par Philippe Choler, CNRS, est la mise en œuvre de la phase préparatoire du projet (définition des spécifications fonctionnelles et techniques, gouvernance, organisation, finance, structure juridique, etc.).

Il vise au développement opérationnel, technique et stratégique des sites d’observation et de recherche existants en Europe afin de relever les défis actuels du changement planétaire grâce à une approche systémique (« whole system approach ») en matière d’observations et de recherches menées sur les écosystèmes, la zone critique et les socio-écosystèmes à long terme.

L’objectif est de faciliter l’accès aux sites (Transnational Access – TNA) et aux données (Virtual Access – VA) à un large panel de groupes d’utilisateurs et d’aboutir à une harmonisation des méthodes d’observation et de recherche utilisées. Il s’agit également de renforcer un certain nombre de sites au niveau européen.

Les principales actions du projet :

  • Design and mise en oeuvre
  • Organisation et financement
  • Stratégie et impact
  • Harmonisation des différents niveaux organisationnels

Figure : Les 4 thèmes du projet eLTER PPP et les activités (WPs) associées, étroitement interconnectées, pour la mise en œuvre de la phase préparatoire pour la construction de l’infrastructure pan-européenne eLTER RI (processus eLTER ESFRI).
Plus d’informations : https://www.lter-europe.net/projects.

 

eLTER PLUS

Le projet européen avancé eLTER PLUS, est coordonné par Jaana Bäck, de l’Université de Helsinki, Finlande et co-coordonné par Michael Mirtl (UFZ, Allemagne). Il repose sur trois piliers principaux – la mise en réseau, la réalisation d’observations et de recherche sur quatre thématiques prioritaires et l’accès aux sites (transnational, à distance et virtuel) avec l’objectif d’étudier de manière interdisciplinaire la perte de biodiversité,les cycles biogéochimiques, l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire et les changements sociaux connexes.

eLTER PLUS est en quelque sorte un test de performance de l’infrastructure eLTER RI. Il va permettre de favoriser les connexions entre les différentes communautés scientifiques bénéficiant de l’accès aux sites et plateformes, données et services, et contribuer à l’élaboration de spécifications techniques en matière d’observation (observation standard), au développement de services prioritaires (systèmes d’information pour la gestion de base de données) et au pilotage de sites.

Le projet s’articule pour se faire autour de 4 défis scientifiques (Research Challenges – RC) définis sont :

  • RC 1 Perte de biodiversité
  • RC 2 Contrôles biogéochimiques du fonctionnement des écosystèmes
  • RC 3 Nexus climat-eau-alimentation
  • RC 4 Systèmes socio-écologiques

Légende : Liens entre le projet eLTER PPP et le projet eLTER PLUS; les connexions créées entre les différentes communautés scientifiques utilisateurs de sites et de plateformes pour la réalisation d’études sur les 4 défis scientifiques prioritaires favorisent le processus de développement défini dans eLTER ESFRI.

Légende : Schéma de synthèse du projet eLTER PLUS. Les défis scientifiques prioritaires (RCs) développés par l’ensemble des communautés scientifiques visent à permettre une approche systémique (« whole system approach ») en favorisant les collaborations entre les communautés à l’échelle de parcelles ou de bassins versants (WP8) et à l’échelle pan-européenne (WP9). Le développement de bases de données, déploiement d’outils selon des protocoles harmonisés et de services (WP10 & WP11) favorisent la structuration de l’infrastructure de recherche pan-européenne eLTER RI selon le processus eLTER ESFRI.
Plus d’informationshttps://www.lter-europe.net/projects/PLUS

 

 

Témoignages

« En Europe, l’organisation hétérogène entre les sites de recherche engendre des différences en matière de collecte, d’archivage et de qualité de données. Un autre frein au progrès est aussi induit par la réalisation d’observations et de recherches menées de manière trop mono-disciplinaire. Si nous voulons trouver des moyens pour protéger et conserver les écosystèmes dont dépend notre existence, nous devons changer cela de toute urgence ».

 

Michael Mirtl, coordinateur du projet eLTER PPP

 

« La collecte de données de haute qualité et à long terme sont d’une extrême importance pour le développement et la validation de modèles prédictifs du développement des écosystèmes et apportent un soutien précieux à la prise de décisions politiques ».  

 

Georg Teutsch, directeur scientifique de l’UFZ

 

« Les projets eLTER PLUS et eLTER PPP ouvrent la voie à un nouveau type de science transdisciplinaire, qui fait cruellement défaut dans un monde qui doit faire face à des menaces de plus en plus graves pour nos écosystèmes. Au cours des cinq prochaines années, nous allons développer un ensemble de données et de services agissant en faveur d’une meilleure protection de l’environnement ».

 

Jaana Bäck, coordinatrice du projet eLTER PLUS

 

« L’infrastructure eLTER sera un élément essentiel de la stratégie européenne pour le suivi de l’environnement. En offrant une approche à la fois territoriale, systémique et pluridisciplinaire elle fournira aux européens une collection de sites, de données et d’outils d’analyse permettant de comprendre l’évolution des écosystèmes européens sous très forte pression anthropique et climatique. Le cœur de cette infrastructure est constitué par les sites nationaux qui en sont les briques élémentaires essentielles par la diversité des environnements observés et de la qualité des mesures physiques, chimiques, biologiques et sociales qui y sont conduites. La France est particulièrement bien organisée à travers les infrastructures de recherche OZCAR et RZA pour apporter une contribution décisive à la construction de cette infrastructure européenne. Avec plus de 100 ans d’expérience et de mesures, la France apportera, via les communautés OZCAR et RZA, un corpus conceptuel, instrumental, et de données exceptionnel ».

 

Nicolas Arnaud, Directeur INSU, CNRS
 
 

 

 

 

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