

Photo de groupe devant la Maison des Haubants à Nantes, mise à notre disposition par la Métropole de Nantes (@ H. Bénard)
LE BILAN DES JOURNEES 2026
Les 10ème journées annuelles de l’Infrastructure de Recherche (IR) OZCAR se sont tenues à La Baule (Loire-Atlantique) à l’Hôtel Golden Tulip du 16 au 19 mars 2026. Environ soixante-quinze participants étaient présents sur place et une dizaine de participants ont pu contribuer en distanciel. Nous remercions tous les participants pour les échanges toujours riches et pour les discussions animées qui ont ponctué ces journées.
Les temps forts des journées :
- Un bilan de l’état d’avancement des activités (work packages) menées au sein de l’IR OZCAR : les données (WP1), l’interface données modèles (WP2), l’instrumentation (WP3), les thèmes transverses (WP4) et l’activité internationale (WP5) et des présentations de programmes proches de l’IR OZCAR : l’Equipex+ TERRA FORMA, le programme ciblé (PC) 3 OBSWATER du PEPR OneWater et le PC5 Carbonium du PEPR FairCarboN.
- Un bilan des thèmes transverses financés depuis le lancement de l’appel à projet en 2019 qui a eu lieu sous forme de session poster et de collecte des retours des porteurs via un questionnaire diffusé en amont. Un atelier a enfin permis de recueillir les attentes vis-à-vis de ce WP et des possibles évolutions à apporter à ce format.
- La présentation et la discussion des 6 nouveaux projets de thèmes transverses soumis en 2026 sur des sujets très variés avec deux propositions « arts et sciences », une proposition de partage d’instrumentation hydrométrique avec Haïti, une autre sur l’usage de l’intelligence artificielle dans l’étude de la zone critique, et deux thèmes en lien avec l’hydrogéologie et les échanges surface souterrain.
- Les présentations des deux grands témoins invités sur le thème « Zone critique urbaine » : Ghozlane Fleury-Bahi (Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire, Nantes) et Julie Gobert (LEESU, Marne la Vallée).
- La remise du prix OZCAR 2026 à Ivan Osorio-Léon et Julia Garagnon pour leurs articles « Deep Roots Supply Reactivity and Enhance Silicate Weathering in the Bedrock Vadose Zone » et « Impact of land-use on PAH transfer in sub-surface water as recorded byCaCO3 concretions in urban underground structures (Paris, France) » respectivement; ainsi que d’un prix d’honneur à Jérôme Gaillardet en remerciement de son investissement dans l’IR OZCAR.
- Un atelier pour définir les besoins en termes de partage d’instruments, le développement de nouveaux capteurs afin de préparer le service RIPOSTE proposé par l’Equipex+ TERRA FORMA
- Un atelier pour entamer la réflexion et construire la contribution de l’IR OZCAR au dossier d’évaluation des SNO prévue en 2026.

Julia Garagnon (à gauche) et Ivan Osorio-Léon (à droite) reçoivent le prix OZCAR 2026 pour leurs recherches. @ H. Bénard
Ce qu’il faut retenir des journées :
- L’originalité des visites en milieu urbain qui ont illustré la richesse des sites de l’IR OZCAR et la complexité de l’étude de la zone critique urbaine. Les présentations de l’après-midi ont illustré des projets menés sur les sites et les collaborations établies avec les acteurs du territoire.
- Les présentations des deux grands témoins qui ont illustré la thématique « Zone critique urbaine » et les aspects sociétaux qui y sont associés, tant du point de vue du bien-être des populations lié à la présence de nature en ville, que les aspects organisationnels et humains liés à des changements de pratiques dans la gestion des eaux pluviales urbaines, et la généralisation de l’infiltration à la source qui renforce la présence de la « nature » en ville.
- La maturation des services d’accès aux données (WP1 SI Theia/OZCAR) avec la mise en production du service de visualisation. Attention pour être visibles, les producteurs doivent avoir transmis leurs données au SI Theia/OZCAR. Ces données pourront ensuite être téléchargées dans des formats harmonisés une fois que le services de téléchargement et de statistiques sur les usages aura passé la phase de test et que le service d’authentification de Data Terra sera opérationnel. Les actions de FAIRisation des données se font en lien avec l’Equipex+ Gaia Data et le PC8 OneWater Data dont les avancées ont aussi été présentées.
- Le WP2 (Interface données modèles) a surtout contribué à la construction du Topic Center eLTER Analysis Tools and Modeling valorisant les savoir-faire de la communauté française sur la modélisation de la zone critique à échelle locale à régionale et le prototypage des outils dans le cadre du PC8 OneWater Data.
- David Fuseau, nouveau postdoctorant du WP2 a présenté l’avancée de son travail sur l’amélioration de la représentation des transferts en zone non saturée/saturée dans le modèle EcH2O-Iso utilisé depuis plusieurs années.
- La dynamique du WP3 (Instrumentation et Protocoles) avec le déploiement d’instruments dans plusieurs projets ; l’organisation, avec l’Equipex+ TERRA FORMA, des 2èmes journées OZCAR CRITECH du 26 au 28/11/2025 à Lyon, centrées sur la mise en place de la télétransmission des données ; une présentation de l’avancée de l’Equipex+ TERRA FORMA et des services proposés, dont le service RIPOSTE (Réseau d’Instruments Partagés pour l’Observation) pour lequel un atelier de réflexion a été organisé.
- Un atelier de prospective pour la construction du service RIPOSTE qui a permis de réfléchir au mode d’organisation du service et du partage des compétences, aux besoins en instrumentation et enfin, aux nouvelles variables qu’il serait utile de pouvoir mesurer.
- Une journée bilan et prospectives du WP4 Thèmes transverses, lancé en 2019 avec une séance poster qui a permis de présenter les résultats issus de ces thèmes, en parallèle d’un sondage envoyé en amont aux porteurs. Un atelier mené sous forme de World Café a permis de réfléchir à la meilleure valorisation des travaux issus du WP4, les forces et faiblesses du format actuel et à l’évolution possible/souhaitable de l’appel à thèmes transverses et de ses modalités.
- La présentation de 6 nouveaux thèmes transverses balayant des thématiques variées, avec deux projets Arts et Sciences (couleur de l’eau pour visualiser la pollution en nitrates, BD sur le saturnisme dans les Vosges), deux projets en lien avec la modélisation (usage de l’IA dans l’IR OZCAR, modélisation HydroModPy sur plusieurs bassins versants et outil pédagogique), un projet de partage d’instrumentation hydrométrique avec Haïti et un projet sur l’étude des interactions surface/souterrain à l’aide de données de plusieurs observatoires.
- Les journées ont aussi permis de faire le point sur l’avancée de l’IR européenne eLTER et de montrer les liens avec plusieurs PEPR et/ou programmes ciblés : PC3 OBSWATER du PEPR OneWater, PC5 Carbonium du PEPR FAIRCarboN, ainsi que la nouvelle mouture du PEPR TRANSFORM.
- Enfin, un atelier a permis d’ouvrir le dossier labellisation 2026 des SNO qui sera porté par l’IR OZCAR et de partager des réflexions sur les aspects structuration des SNO, stratégie d’observation et gouvernance des SNO.
LES GRANDS TEMOINS


Les deux grands témoins (de gauche à droite) : Ghozlane Fleury-Bahi (Laboratoire de Psychologie Sociale de Nantes) et Julie Gobert (LEESU)
Cette année, le thème des journées était « Zone critique et urbaine ». Nos deux grands témoins, issues, des sciences humaines et sociales, ont éclairé deux aspects de ce vaste domaine, avec des approches encore très peu développées dans les études sur la zone critique menées dans l’IR OZCAR.
- Ghozlane Fleury-Bahi, professeure en psychologie sociale et environnementale au Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (Nantes), a présenté son travail intitulé « Nature en ville : quels effets sur la santé et le bien-être à l’heure du changement climatique ? ». Elle a d’abord rappelé les différentes dimensions incluses dans la notion de bien-être : physique, mentale, sociale et des éléments de la littérature sur les liens entre nature et bien-être (réduction du stress, augmentation de l’attention, renforcement du lien social). Elle a ensuite illustré ces éléments théoriques par des exemples tirés de projets dans lesquels elle est impliquée dans le cadre du déploiement de solutions fondées sur la nature. Desenquêtes auprès d’habitants ont confirmé certains de ces éléments théoriques, et ont montré qu’il n’y a pas de lien direct entre contact avec la nature et bien-être mental, mais que ce dernier lien est indirect et médié par l’augmentation du lien social favorisé par la présence de nature.
- Julie Gobert, chercheuse au LEESU (Laboratoire Eau Environnement Systèmes Urbains) à Marne la Vallée s’interroge sur les différentes dimensions des infrastructures construites par les sociétés humaines (transport, eau potable, eaux usées, etc..). Elle montre comment ces infrastructures possèdent unedimension matérielle, mais aussi immatérielle, liée aux organisations qui en assurent le contrôle, la maintenance et, in fine, le fonctionnement. Ces infrastructures reflètent la manière dont nous considérons les non-humains et ces infrastructures conditionnent profondément la manière dont les sociétés humaines occupent l’espace. En s’appuyant sur l’exemple de la gestion des eaux urbaines, pour lesquelles l’usage de solutions fondées sur la nature et l’infiltration à la source est prôné depuis une trentaine d’années, elle montre que leur appropriation est lente et graduelle, notamment parce que ce changement de « paradigme » bouscule les organisations existantes et vient casser les silos de l’organisation des services de gestion des villes. Il n’y a donc pas de changement de paradigme ou de transformation rapide. Le temps est un facteur incontournable pour lever les freins à l’usage des nouvelles solutions de gestion des eaux pluviales.
LES VISITES DE TERRAIN
Les visites de terrain du mardi 17/03 se sont déroulées sous un soleil éclatant. Deux groupes avaient été constitués pour deux circuits organisés dans un quartier de la ville de Nantes appartenant à l’ONEVU (Observatoire Nantais des Environnements Urbains), une composante de l’IRSTV (Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville).



Photo du haut: la noue Dumont. Photos du bas: gauche: présentation du projet sur les macro-déchets; droite: mesures de climatologie urbaine sur le toit d’un bâtiment. @ H. Bénard
La première visite s’est concentrée sur l’écoquartier des Bottières. Cette visite a débuté par une présentation, réalisée par Fabrice Rodriguez de l’écoquartier et en particulier sur l’historique de la zone et de sa création. Le premier atelier était consacré à la présentation de la noue Dumont et l’importance de ses ouvrages dans la performance de la gestion hydrologique en contexte urbains. Les noues possèdent aussi un rôle dans la gestion de la pollution en particulier sur les microplastiques ainsi que les particules de pneus. Des mesures de débits sont aussi réalisées sur cette noue. Le deuxième atelier était centré sur le ruisseau des Gohards en particulier sur la gestion des macro-déchets. Le dernier atelier était centré sur l’étude de la micro-climatologie urbaines, en particulier sur la mesure des flux de chaleurs et l’impact de la végétation. Une station de mesure installée à 12 mètres de hauteur a pu être présentée à certains participants. La complexité de la mise en place de telles stations a aussi pu être discuté, notamment autour des normes nécessaires ainsi que de l’acceptation des habitants.


Quelques photos de la visite n°2 à la Prairie des Mauves. De gauche à droite : Présentation de la problématique de la qualité des sols des jardins par B. Béchet et L. Jean Soro ; Présentation des mesures piézométriques par C. Le Guern et P. Radigois. @ I. Braud
Le deuxième groupe a commencé sa visite par le site de la Prairie des Mauves, implanté au bord de la Loire, et proche d’une ancienne décharge municipale. Une des thématiques de recherche abordée sur ce site concerne la qualité des sols de jardins partagés implantés ici depuis de nombreuses années. Suite à la détection d’arsenic dans l’eau utilisée pour l’arrosage (provenant d’un puits présent sur la zone), une étude a été menée pour évaluer les niveaux de contamination des sols et des productions issues de ces jardins à l’échelle de la ville. Ces analyses ont montré des teneurs largement supérieures aux normes autorisées sur certaines de ces productions. La présence d’une ancienne décharge pose aussi des questions quant à la qualité de l’eau qui atteint la Loire toute proche, notamment car cette zone est inondable (jusqu’à 1.3 m d’eau sur la zone lors des inondations de février 2026). Les mesures montrent des niveaux de nappe qui fluctuent avec le niveau de la Loire, avec des impacts sur la qualité de l’eau (conductivité notamment). La visite s’est ensuite poursuivie sur les sites du ruisseau des Gohards et la noue Dumont de la visite n°1. Ces deux points de visite ont illustré les travaux sur la pollution des eaux urbaines par les déchets et les microplastiques, ainsi que les enjeux de l’instrumentation dans ces milieux très anthropisés.


Gauche: la pause déjeuner au soleil. Droite: présentations des travaux réalisés sur les sites Nantais du SNO Observil. @ H. Bénard
Après un pique-nique au soleil, la journée s’est poursuivie dans une salle mise à notre disposition par Nantes Métropole, la Maison des Haubans dans le quartier Malakoff. Plusieurs présentations ont illustré comment les villes de Nantes, mais aussi de Rennes, mettent en place des observatoires des ilots de chaleur urbaine et comment ils essaient d’évaluer l’impact de la végétalisation de la ville sur la mitigation de ces effets. La première présentation de l’après-midi a été celle du SNO Observil réalisée par Fabrice Rodriguez. Une seconde présentation a valorisé les données collectées par plusieurs grandes métropoles, mais aussi des villes de taille moyenne dans le cadre du SNO Observil, sur la problématique des îlots de chaleur urbaine. Le SNO a permis une intercomparaison et mise en commun de données de tous ces réseaux, non sans mal du fait de l’hétérogénéité des données. Cette expérience ne rend que plus nécessaire tout le travail en cours sur l’harmonisation des mesures et leur partage dans des formats harmonisés. Une autre présentation, réalisée par Amaury Monnot de Nantes métropole en double voix avec Cécile Leguern du BRGM a illustré la politique de désimperméabilisation mise en œuvre à Nantes pour se mettre en conformité avec la loi Zéro Artificialisation Nette, notamment au travers du projet de recherche Permepolis. Mettre en œuvre une telle politique génère des questions de recherche coconstruites entre scientifiques et opérationnels qui interrogent la notion d’artificialisation et génèrent un besoin de connaissances accrues sur les sols urbains. Le troisième temps de cet après-midi était dédié à l’hydrologie et la géochimie, avec l’illustration de recherches menées pour caractériser la pollution par les gommes de pneus (microplastiques) et le fonctionnement hydrochimique d’un bassin d’infiltration collectant les eaux pluviales issues du pont de Cheviré.
PLUS D’INFORMATIONS
Vous pouvez retrouver toutes les informations sur le programme, les présentations et les conclusions des journées OZCAR 2026 ici : https://nextcloud.inrae.fr/s/4b8aFg3FD5NZHEc
Les vidéos des interventions des Grands Témoins sont disponibles sur la chaine YouTube de l’IR OZCAR : https://www.youtube.com/playlist?list=PL5q_nMCSksH6wtzfDylzTxwVsw8Ny0VjZ
