Pourquoi étudier la Zone Critique ?

Nous sommes entrés dans l’Anthropocène, ce qui signifie que les activités humaines ont un impact planétaire. La demande en nourriture et en énergie de l’humanité devrait être multipliée par deux dans les quatre décennies à venir avec une augmentation prévue de plus de 50% de demande en eau potable. Le changement climatique, les perturbations du cycle de l’eau associées, mais aussi les changements croissants de l’utilisation des terres créent un forçage de plus en plus prégnant sur les surfaces continentales qui sont le lieu de vie de l’espèce humaine et le fondement de nos sociétés. La partie continentale du cycle de l’eau, superficielle ou profonde, les écosystèmes, les sols, la basse atmosphère sont soumis à une perturbation d’ampleur globale qu’il est essentiel de mieux comprendre pour mieux la modéliser et mieux appréhender l’avenir des services économiques, culturels et récréationnels que cette zone procure à l’humanité (eau, sol, biodiversité). Cette zone réactive et sensible à a surface de la Terre est la zone critique (ZC).

A ce jour, notre connaissance des surfaces continentales, cette zone critique (ZC), reste morcelée et manque d’une approche scientifique intégrée couplant observations, expérimentation et modèles à différentes échelles spatiales et temporelles.

Les interactions entre ses différents compartiments de la ZC se font suivant des modalités encore très mal connues et sur des échelles de temps très variables (géologiques à journalières) nécessitant des observations à la fois longue et fréquentes.

Une coopération entre disciplines est plus que jamais nécessaire pour décortiquer les mécanismes élémentaires dans l’ensemble de ses compartiments et  d’évaluer ainsi les flux de matière et leur évolution. Cette pluridisciplinarité  permettra de croiser les données, de les intégrer dans les modèles unificateurs réconciliant les échelles spatiales et temporelles et permettant de mieux comprendre l’adaptation des territoires.